Once Noticias - 13/02/2006
Beaucoup de touristes de passage à Mexico vont faire de la barque à Xochimilco. Certains y voient un côté romantique, à condition de ne pas y aller le vendredi soir lorsque les étudiants accaparent les canaux pour festoyer gaiment.
Xochimilco, c'est une symbolique bien plus forte que celle liée au tourisme. Xochimilco est une chinampa héritée de la période précoloniale, lorsque la vallée de Mexico était encore un immense lac intérieur et que les hommes mettaient en place un ingénieux système d'agriculture sur l'eau pour mettre à profit d'exceptionnelles conditions naturelles.
Cette chinampa est aujourd'hui menacée. Ce n'est pas une nouveauté malheureusement. Ce reportage de Once Noticias ne vient que réaffirmer l'inexorable dégradation de cet écosystème édifié par l'homme.
Pour alimenter la capitale en eau, des puits furent creusés en profondeur. L'eau "propre" de Xochimilco fut extraite et envoyée aux citadins. Au fil des ans, les canaux se vidèrent petit à petit, le niveau de l'eau baissait, certains canaux furent donc bouchés. On compensa par une eau traitée, sortie des plateformes de traitement des eaux usées. Mais on se rend compte rapidement que cette eau est insuffisamment dépolluée.
Le boom démographique qu'a connu Mexico et le phénomène de décohabitation des générations a accru le besoin de logements sur la zone. La tradition est de rester sur la chinampa : "Nuestra misma gente, nuestros padres, nuestros abuelos decían, bueno ahí está mi hijo, está mi nieto, pues tienen necesidad de vivir, pues vete a la chinampa". Le mitage progresse, des maisons fleurissent un peu partout, la zone perd sa spécificité agricole.
L'Unesco menace de retirer le classement de Xochimilco sur la liste du Patrimoine Mondial. J. LE JELOUX
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