
Mexico, un destin de nécropolis ?
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22/03/2006. La face cachée du marché mondial de l'eau. En septembre 2003, j'assistais à une conférence donnée par le rédacteur en chef de Charlie Hebdo... Lire !
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13/03/2006. Un SIG pour Mexico. El Universal daté du 6 mars nous informe de la mise en place d'un Système d'Information Géographique (SIG) pour... Lire !
En septembre 2003, j'assistais à une conférence donnée par le rédacteur de chef de Charlie Hebdo. Je vous propose ici, le compte rendu de cette conférence. Placée sous le signe de l’humour le discourt est facilement accessible à tous. Néanmoins, la critique n’est efficace que si elle n’est pas systématique ou bornée. J’ai ainsi regretté que M. MARIS ait présenté ces compagnies sous l’angle exclusif du grand méchant loup si bien qu’on n’a jamais envisagé les solutions à la sortie effective de ce système de l’eau.
En 2030, pour la première fois de l’histoire de l’humanité, la demande en eau sera supérieure à l’offre. L’eau sera considérée, selon l’OMS, comme une rareté avec tout ce que cela implique au niveau des perspectives financières… ce qui est rare est cher.
À Comment fonctionne ce marché de l’eau ?
Trois principes, selon M. MARIS, servent de base au marché de l’eau :
- Tout d’abord celui de la rareté. Toute rareté permet de capter une rente.
- Ensuite le principe de l’indifférence. La pollution, la qualité de l’eau ne sont pas des problèmes de marché. Cela affecte les consommateurs in fine mais pas les groupes. Ils peuvent traiter cette saleté. Techniquement c’est possible, les consommateurs devront payer plus cher.
- Enfin, la discrimination. Actuellement, l’eau est un bien collectif. Mais ce qui se profile à courte échéance, ce sont plusieurs types d’eau. Une eau agricole, une eau industrielle, une eau pour la consommation. On vendra en bouteille une eau purifiée, fausse eau minérale.
À Les multinationales de l’eau
L’eau est un besoin vital, le marché est donc énorme d’autant que la plupart des contrats avec les collectivités publiques court sur des décennies. La rente est assurée à long terme. Le marché de l’eau est curieux car éclaté coté demande (ce sont les millions de consommateurs) et groupé coté offre (trois multinationales chapeautent la distribution de l’eau en France). Paradoxalement, aux USA, ce même marché est totalement public puisque aux mains des régies municipales à l’image de la France d’après guerre.
Le cœur de la rente de l’eau, c’est la durée du contrat entre la compagnie (Vivendi, Suez ou la Saur) et les municipalités ou les groupements intercommunaux. Le contrat dure en moyenne vingt à trente ans, autant dire que la rente est perçue pendant très longtemps. Seuls 4% des contrats passés avec les collectivités sont renouvelés par an, les 96% restants étant reconduits par accords tacites.
Le trio du marché de l’eau en France, on le surnomme « les trois sœurs ». Il s’agit de :
- Véolia anciennement Vivendi, premier mondial – 55% du marché de l’eau en France
- Ondeo anciennement Suez, deuxième mondial – 28% du marché
- Société d’aménagement urbain et rural (Saur) – 13% du marché
Ces sociétés, et plus particulièrement Véolia, ont des politiques agressives de rachat de compagnies internationales. Toutes ont des activités d’énergie, de bâtiment travaux publics, de transports collectifs. Ce n’est pas anodin et c’est purement stratégique. En effet, l’attribution d’un marché public dans le BTP engendre une demande induite en matière d’approvisionnement et de distribution en eau.
En termes économiques, les « trois sœurs » constituent un oligopole stable fermé. Oligopole car elles ne sont que trois sur le créneau de l’offre. Stable car elles tiennent les médias donc l’information et, in fine, la politique. Véolia est actionnaire de TF1, Suez de M6… Fermé car leur organisation se résume à une grande opacité. Les administrateurs de telle entreprise sont les administrateurs des autres (le Crédit Lyonnais est ainsi dans les conseils d’administration de chacune des trois compagnies). Souvent, les « trois sœurs » s’associent dans des projets à l’image de la réalisation du métro de Karachi au Pakistan. Il n’y a donc pas de concurrence et c’est très important de tordre le coup à l’idée que ces trois compagnies mènent entre-elles une bataille féroce. Chacune a intérêt à maintenir cette inertie au combien protectrice.
À La rente de l’eau.
Pour ces compagnies, l’eau rapporte beaucoup quoiqu’elles en disent. Le taux de rentabilité, selon elles, n’est que de 3%. Pour autant le taux de profit (simple variante de calcul) est, lui très élevé.
L’eau, on l’a vu, produit une rente assurée sur de nombreuses années. Ces compagnies ont un poids énorme et un argument exceptionnel lorsqu’il s’agit de démarcher les banques. Quelle banque renoncerait de coopérer avec un client qui peut garantir vingt à cinquante années (la durée des contrats) de revenus réguliers ?
La compagnie d’eau construit à ses frais les équipements, est responsable pénalement de problèmes qui pourraient survenir sur les réseaux. Mais la construction de ces réseaux échappe au code des marchés publics. Il n’y a donc pas d’appel à la concurrence. Les municipalités n’ont pas de contre pouvoir face à ces compagnies car elles se sont totalement déchargées sur elles de la compétence de distribution de l’eau. La sortie de ce système pourrait venir de la création d’un système d’expertise municipal pour évaluer l’efficacité de la distribution de l’eau assurée par l’une des trois compagnies sur une commune. Les maires ne peuvent pas actuellement renégocier les contrats, c’est complexe, ils ne sont pas compétents. Reprendre la gestion de l’eau en régie municipale implique de reprendre les salariés qui en avaient la charge. Cela implique également que le maire sera responsable pénalement.
À Faire suer le contrat, accumuler les provisions
Ces compagnies ont une technique infaillible pour accroître substantiellement leur chiffre d’affaire : faire suer le contrat. Est signé un contrat avec une collectivité puis, en cours de travaux, le coût initial augmente. On prétexte alors des imprévus durant la réalisation du programme. Par exemple, à Port Vendre dans les Pyrénées Orientales, un projet dont le coût initial était de 4,9 millions d’euros a coûté à la commune finalement 6,4 millions. La municipalité a pu payer les 4,9 millions mais n’avait pas les 1,5 millions supplémentaires. Gentiment (rires…), Vivendi lui a fait un prêt de 1,5 millions sur trente ans à un taux défiant bien sûr toute concurrence (rires à nouveau).
Une autre technique financière très sombre est employée par ces compagnies. Il s’agit des provisions. Toute entreprise fait des provisions pour renouveler son outil de production (machines, informatique…) et éviter qu’il ne devienne obsolète. Les « trois sœurs » font également des provisions mais c’est la collectivité contractante qui les paie. Ces provisions ne sont que très rarement employées pour les travaux qu’elles doivent financer en réalité. Pire, elles sont placées en banque rapportant des rentes considérables ! Jean-Marie MESSIER a basé une partie de sa conquête d’entreprises sur ces rentes qui atteignaient alors près de quatre milliards d’euros. La loi Voynet avait mis un terme à ces pratiques en spécifiant que toutes les provisions non investies seront rendues aux municipalités. Madame BACHELOT, actuelle ministre de l’environnement l’a abolie…
Nécropolis...
Dans La Cité à Travers l'Histoire (1964), Lewis MUMFORD définit la Nécropolis comme le dernier cycle de vie d'une ville. Avec la concentration des pouvoirs et des ressources économiques en son sein, la ville atteint une limite... Lire
_______________________ Bonjour à tous!

Jérôme LE JELOUX, 24 ans. J'ai été piqué par l'amour du Mexique et de sa capitale lors d'un stage de 4 mois aux côtés des agriculteurs du sud du District Federal (Mixquic). Ce stage de fin d'études couronnait le MAGISTERE Aménagement que j'ai obtenu au CESA de Tours. Il m'a permis de parler avec passion et ferveur de la Ville Durable, sujet qui est tombé à l'oral du concours d'ingénieur territorial session 2005 que j'ai obtenu. Je suis actuellement étudiant en Master 2 Management par Projets à l'IAE de Lille afin de maîtriser les outils et méthodes professionnels de gestion de projets.
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