Dans La Cité à Travers l'Histoire (1964), Lewis MUMFORD définit la Nécropolis comme le dernier cycle de vie d'une ville. Avec la concentration des pouvoirs et des ressources économiques en son sein, la ville atteint une limite au delà de laquelle elle connaît un processus de "désurbanisation".
Les prophéties les plus noires sont prononcées sur Mexico. La revue Autrement titrait un Hors Série en 1986, "Mexico, entre espoir et damnation". Octavio Paz, dans son essai "Décombres et semances", nous donne trois forces négatives qui se sont unies pour produire cette annerie urbanistique monumentale : le centralisme politique, la spéculation économique des promoteurs de la construction et la mégalomanie des gouvernements successifs qui souhaitèrent laisser leur emprunte dans la capitale. Le développement urbain actuel de Mexico est en train de compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs besoins. Où ira-t-on chercher l'eau? Comment pourra-t-on respirer dans cette cuvette asphyxiante située à 2000 mètres d'altitude lorsque les ménages possèderont tous leur voiture? Sans doute une politique d'aménagement du territoire volontariste à l'échelle régionale pourrait fournir des éléments de solution stratégiques à long terme pour mieux planifier l'accroissement urbain, proposer une offre de transport cohérente, préserver une ceinture verte... Le défi est énorme. La mégalopole s'étend sur 16 délégations (l'équivalent des arrondissements à Paris) et deux Etats Fédéraux, sur des dizaines de municipalités, ce qui pose des difficultés de gouvernance politique. Les luttes claniques entre les trois partis dominants (PRI, PRD, PAN), sur fond de batailles larvées pour les élections locales et nationales, anihile pour le moment toute tentative de projet territorial fédérateur à l'échelle de la mégalopole. Le conflit le plus emblématique de ces dissensions est sans aucun doute celui de l'eau... Rendez-vous dans quelques décennies...


